THELOOKMAG, le magazine culturel qui, chaque semaine, vous rapproche de ce qui vous ressemble, à travers sept rubriques et plus d’une quarantaine de styles.
En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts et mesurer la fréquentation de nos services. En savoir plus FERMER
THELOOKMAG

Le magazine culturel qui vous rapproche de ce qui vous ressemble

rene-lebhar-guitariste-thelookworld-thelookmag - copie

René Lebhar : « Jouer du rock c’est une urgence »

René Lebhar. Pour beaucoup ce nom est totalement inconnu. Pourtant, il a été le guitariste de nombreux artistes depuis 1978 dont Francis Cabrel et Julien Clerc. Guitariste et chanteur depuis plus de 45 ans, M. Lebhar a une sacrée carrière derrière lui.  Infatigable, il a joué dans de nombreux groupes de blues/rock et transmet sa passion en donnant des cours de guitare.  Il a, heureusement, accepté d’arrêter de dévaler les gammes un court instant pour partager son histoire avec nous.

D’origine pied-noire, René Lebhar est né en 1952. Il commence la guitare à l’âge de 15 ans. Très vite, la musique devient un « moteur essentiel à sa vie ». Il forme son oreille au son des Shadows, du Eric Clapton de Cream et plus tard de Jimi Hendrix, de Jeff Beck, de Rory Gallagher et bien d’autres. Il fait ses premières scènes dans des bals pour lesquels il fallait être capable de jouer beaucoup de styles différents. Il explique : « On jouait toutes les musiques confondues, ça pouvait être du rock’n’roll, ça pouvait être Michel Sardou, ça pouvait être des valses-musettes dans la même soirée ». Pendant 6 ans, René Lebhar animera des soirées par son talent.  Puis, par l’intermédiaire d’un copain de lycée, Phillipe Pagès -alias Richard Clayderman-, il passe une audition et devient guitariste pour Julien Clerc. Il a alors 26 ans. Accompagnateur, René Lebhar n’en a pas moins une vision très personnelle de la musique.

Rene-Lebhar-portrait-thelookworld-thelookmag

© Thelookmag

LA MUSIQUE SELON LEBHAR: SPIRITUALITE, INTIMITE ET MODESTIE

  Après avoir accompagné une nombreux artistes, René Lebhar opère un retour aux sources et joue dans plusieurs groupes de blues/rock dont Les Pintades Toniques en 1994, Bottlemecs en 1996 et enfin René Lebhar Trio. Ce dernier s’avère particulièrement marquant puisque c’est à l’occasion de la sortie de leur 1er album, intitulé « Peut-être moi », en 2003, que René Lebhar signe la chanson éponyme où il chante, sans ironie aucune, sa vision spirituelle de la vie et de la musique. « Pour moi ça a été le meilleur titre que j’ai écrit au niveau du texte parce que c’est très proche de ce que je ressens de la vie » ainsi qu’il nous le confie sur un ton de voix à la fois posé et déterminé. « Ça a un côté très spirituel : ‘Y’a quelqu’un qui sait mieux que moi où est ma place’ voilà par exemple une des phrases, ça veut dire ‘je peux avoir l’impression de décider certaines choses mais en fait je suis guidé par quelque chose de beaucoup plus fort.’ Tout ça vient de quelque chose de très profond qui ne passe pas par la volonté ». C’est ce « quelque chose » qui le pousse vers cet art. En outre, René Lebhar explique que la musique est quelque chose d’intime : « Quand tu fais un solo de guitare, tu proposes à l’auditoire ce que tu es ».

rene-lebhar-guitariste-thelookworld-thelookmag

© Thelookmag

portrait-rene-lebhar-thelookmag-thelookworld

© Thelookmag

L’un des aspects les plus frappants dans la personnalité de René Lebhar est sa modestie. Autodidacte, il a appris à jouer à l’oreille, tout seul, en relevant des parties de guitare sur des vinyles. Pourtant, le musicien affirme avoir de gros problèmes d’oreille et de tempo lorsqu’il commence la guitare. On a du mal à le croire aujourd’hui, lorsqu’on le voit jouer des solos sans fin sur des gammes de blues. Il faut dire que René Lebhar, à l’époque, n’avait pas trop le choix. Sur un air réfléchi et d’une voix pleine de résolution, il explique : « Y’avait rien à l’époque, y’avait pas de CD, pas de DVD pédagogiques, pas d’internet. On mettait le disque, on apprenait et si on  comprenait pas, on recommençait jusqu’à ce qu’on y parvienne. Ça pouvait prendre des heures quelques fois des jours, des fois des mois pour apprendre une chanson. C’est un tâtonnement permanent. » De formation extrêmement solide et doué d’une grande rigueur, René Lebhar est devenu un vrai guitariste professionnel. D’ailleurs quand il ne répond pas aux exigences que son métier impose, il ne se sent pas bien. Il évoque en étant à la fois rieur et mal à l’aise, une certaine anecdote  : « Y’avait eu un concert à Chartres avec Julien Clerc et le lendemain, on était censés jouer à Rouen et en fait, après le concert de Chartres, je suis parti assez vite.  A la fin du concert, le régisseur a dit : ‘Demain, attention c’est une matinée. Le concert est à 17h, il faut venir à 15 h 30’. Ils n’avaient pas vu que je n’étais plus là. Et moi, le lendemain, j’arrive avec ma bagnole à 18 h pour la balance et j’entends Julien qui chante la dernière chanson. J’me dis : ‘Y sont cons, pourquoi y passent un disque alors qu’on va faire le concert après surtout que c’est la dernière chanson du show’. Et là, je vois Julien avec un t-shirt rouge, le poing en l’air, et puis je vois ma guitare sur un stand avec mon ampli, tous mes copains en train de jouer sur scène et moi j’étais dans ma bagnole …». Heureusement cette anecdote qui a fait « cauchemarder » René Lebhar pendant longtemps ne prêta pas à conséquence.

LA GUITARE : UN MODE DE SURVIE

rene-lebhar-portrait-guitariste-thelookworld-thelookmag

© Thelookmag

Pour René Lebhar, la guitare a été un véritable « mode de survie » dit-il à plusieurs reprises. « J’étais un gosse plutôt bloqué avec beaucoup de problèmes psychologiques, suite au déracinement d’Algérie, de la guerre que j’ai connu pendant 10 ans quand j’étais petit, et aussi parce que je n’avais pas de copains à l’école… Pour moi, ça a été un peu comme s’il y avait eu une noyade et qu’il avait fallu que je me raccroche à un tronc d’arbre. La musique c’était mon mode de communication. Les filles me regardaient parce que je jouais de la guitare ». Et, bien sûr, comme le hasard n’existe pas, René Lebhar pense que les musiciens qui l’ont influencé se servaient aussi de la musique comme d’un mode de survie : « Jouer du rock c’est une urgence. Si on lit les bios des musiciens, Clapton, Hendrix, les Beatles, John Lennon, ce sont tous des gens qui ont eu des problèmes graves dans leur vie, ce sont des gens qui se sont raccrochés à la musique ». Depuis, pour René Lebhar, la musique est passé du stade de mode de survie à celui d’art. Récemment, il a même réalisé un rêve de gosse, en jouant avec Mick Taylor l’un des guitaristes des Rolling Stones. Il raconte cette rencontre stupéfiante : «C’était absolument pas prévu, il devait faire la première partie d’Andrew Strong mais sans guitariste. Je lui ai serré la main et je lui ai dit que j’apprenais toutes ces phrases  de guitare par cœur à l’époque de John Mayall. Ça l’a fait rire. Il m’a répondu : ‘ T’as de la chance parce que moi, je m’en rappelle pas ‘ ». Au moment de la balance, on fait savoir à René Lebhar que Taylor veut jouer avec lui. René Lebhar a donc fait tout le concert sans connaître les chansons, incroyable mais vrai ! « Il m’a bien fait faire une dizaine de solos de guitare dans la soirée. C’était assez stupéfiant parce que je le voyais à côté de moi en train de faire la rythmique pendant que moi je faisais le solo alors que, quand j’étais gosse, j’apprenais ses phrases de lead par cœur ».

rene-lebhar-couverture-thelookmag-thelookworld

© Thelookmag

« J’AIME BIEN TRANSMETTRE »

  Parallèlement à sa carrière de musicien, René Lebhar est professeur de guitare blues/rock depuis 1998. Mais son activité de pédagogue remonte à bien plus longtemps que cela : « J’avais des copains qui venaient chez moi et ils me disaient : ‘Comment tu joues Can you see me ? d’Hendrix ?’. Et là j’ai commencé à faire de la pédagogie sans le savoir. Pour moi, j’étais pas en train d’enseigner, j’étais en train de donner un coup de main à des potes. Je montrais ce que je savais faire, ce que j’avais relevé sur le disque et les mecs passaient l’après-midi à essayer de jouer le truc. Je devais avoir 16-17 ans. La pédagogie c’est pas moi qui l’ai choisie, ce sont les gens qui m’ont choisi comme pédagogue ». Pour autant,  la transmission est une chose importante pour le musicien qu’est René Lebhar : « Quand je vois des personnes qui font des progrès pour moi, c’est une grande satisfaction ». Hormis cette activité pédagogique, René Lebhar se consacre aujourd’hui, à aider les gens par le biais de concerts caritatifs. Récemment, il a joué pour les enfants de Madagascar aux Petits Joueurs (Paris 19ème). Rassurez vous, vous aurez bien d’autres occasions de voir ce maître de la Stratocaster sur scène !

Cliquez ici pour découvrir les morceaux de René Lebhar


Découvrez aussi d'autres articles Musique ou style Rock

⬇️ Cliquez ci-dessous pour accéder au contenu de notre partenaire 😊 ⬇️

Auteur /


Florian MILANO
Je suis rédacteur pour la partie Cinéma et Séries du Look Mag. Comme tout bon cinéphile/sériephile, je regarde tout ce que je peux : de Scorsese à Lynch en passant par Elio Petri ou la récente série "The Knick". Fan de rock'n'roll, j'aime également écrire sur le sujet. Surtout, j'écris pour vous ! N'hésitez pas à me contacter si vous avez une envie d'article en particulier!

2 commentaires sur “René Lebhar : « Jouer du rock c’est une urgence »

  1. milano antonino dit:

    Merci, Florian, pour me faire découvrir ce personnage attachant, qu’a été et est tjs René Lebhar: il y a dans son parcours du génial, du prodigieux. Mon parcours ‘musical’ semble plus classique, mais il est aussi tortueux, difficile, autodidacte que celui de René.

    Au-delà des apparences, ce qui me relie à René c’est l’amour pour la vie et la musique, comme moyen de vivre et survivre: oui, la musique, entrée dans ma vie à l’âge de 15 ans, puis en éclipse , mais pas morte les 30 années suivantes, est redevenue mon ‘tronc d’arbre’ il y a 25/27 ans.

    Tiens, tiens, c’est à peu près ton âge.

  2. milano antonino dit:

    J’aimerais un reportage sur G. BRASSENS et suite. J’ai des anecdotes personnelles que je vous proposerai sans problème jusqu’à rédiger moi-mm une partie de l’article à venir.

    Amitiés
    A. Milano

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


PRESSE - PARTENARIATS - CONTACT - MENTIONS LÉGALES

THELOOKMAG - Le magazine culturel des styles fait avec amour à Paris ♡