THELOOKMAG, le magazine culturel qui, chaque semaine, vous rapproche de ce qui vous ressemble, à travers sept rubriques et plus d’une quarantaine de styles.
En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts et mesurer la fréquentation de nos services. En savoir plus FERMER
THELOOKMAG

Le magazine culturel qui vous rapproche de ce qui vous ressemble

shéryl gambo the lookmag musique métisse congolaise

Shéryl Gambo: nouvel album de la diva congolaise

Après les guitares déchaînées, les voix cassées, les claviers aux touches arrachées et les tympans défoncés, le temps semble venu de tourner nos oreilles vers un style différent et plus ensoleillé avec Shéryl Gambo ! La diva de la soul congolaise nous présente O’Kerah, son nouvel album, entièrement conçu par ses soins. Rendez-vous à Brazzaville avec une star de la « musique métisse », qui porte bien son nom…

Depuis ses premiers concerts donnés en exclusivité à son ombre sur le mur de sa maison, Shéryl Gambo a fait du chemin. Née avec la musique dans la peau, la jeune chanteuse anime son quartier du matin au soir, de sa cour de récréation à sa maison : « j’improvisais des chansons pour mes amis en leur faisant croire que je chantais en anglais ! Ils applaudissaient tous et me demandaient de chanter à nouveau. ». Encouragée par ses camarades et ses frères et sœurs, à sept ans elle fredonne des airs qu’elle invente et ne tient déjà plus en place ! Un jour, alors qu’elle s’adonne à sa passion dans son jardin, son voisin, un français expatrié à Pointe Noire, repère sa voix et va jusqu’à la kidnapper dans le but de l’amener en France car il voit en elle « une Vanessa Paradis Black » ! La jeune Shéryl semble donc tout droit destinée à une carrière musicale. Lassée de ses vocalises, sa mère décide de l’inscrire dans une chorale afin de canaliser son énergie : « C’est là que mon appétit pour la chanson est devenu encore plus fort. Cela m’a permis d’intégrer par la suite un groupe de jeunes brazzavillois passionnés de musique, qui n’existe plus et qui s’appelait Majestic Bamba. C’est dans ce groupe que je me suis encore mieux formée en travaillant comme une professionnelle. ». Agée de 13 ans, la jeune fille s’investit à fond dans ce projet en s’inspirant de ses idoles, Miriam Makéba et Michael Jackson.

shéryl gambo the lookmag musique métisse congolaise

Shéryl Gambo par Basango

« Je suis issue d’une famille nous n’écoutions pas souvent de la musique. Je recevais donc avec plaisir tout ce qui passait à la télévision, à la radio ou dans les bars du quartier où nous habitions. » Shéryl construit donc seule sa culture musicale, à partir de tout ce qu’elle entend. « Je crois que c’est pour cette raison que je ne me suis pas imposée un style particulier, même si de plus en plus les gens me reconnaissent dans un univers qui mélange la musique traditionnelle congolaise avec tous les instruments et les sonorités dont elle regorge, avec des musiques d’ailleurs. C’est ce mélange que j’appelle « New Afro Soul ou New Afro pop« . ». Et en effet, une des premières choses qui frappe lorsque l’on se penche sur l’univers de cette chanteuse, c’est sa diversité. « Pour moi c’est un plaisir de me retrouver dans le jazz, le RnB, le Hip hop, la soul, le zouk, le makossa et même la rumba congolaise. ».

Certains titres rappellent les magnifiques balades d’Ismaël Lô, tant dans le rythme que dans les paroles, la chanson Sama Khol, (mon cœur en wolof) lui a d’ailleurs été inspirée par le célèbre artiste. D’autres tel N’ali Djouah s’inscrivent davantage dans un héritage de hip hop nigérian type PSquare ou plus récemment Patoranking. La chanteuse précise « Depuis mes débuts je refuse de m’enfermer dans un univers typiquement congolais ou africain. Le monde d’aujourd’hui est un grand métissage. Même dans la musique, ce métissage s’impose presque naturellement. ». Concernant ses influences, elle en cite d’ailleurs énormément, « des artistes comme les Congolais Emile Oboa et Jean-Serge Essous qui ne sont plus de ce monde, Angélique Kidjo, Miriam Makeba. Ce sont des aînés, des pères et mères qui m’ont influencée. J’aime leur façon d’utiliser les sonorités africaines et de leur donner une touche internationale. ».

« Je suis toujours partagée entre l’envie de mettre en valeur les traditions, la culture et la langue de mes parents, le mboshi, et le souci de profiter de tout ce que nous offre le monde et les cultures d’ailleurs. Le risque est d’en faire trop ou pas assez, j’essaie de trouver le juste milieu mais c’est assez difficile ! ». Avec des textes en plusieurs langues, Shéryl Gambo tient à conserver cette dimension « internationale ».

shéryl gambo the lookmag musique métisse congolaise

En concert par Paulvio

Accompagnée quasiment par les mêmes musiciens depuis Lemoyassa, son premier album, la chanteuse veille à ce que ceux-ci suivent ses idées : « nous travaillons d’abord sur la composition de chaque titre en s’appuyant sur la voix témoin. Ensuite, nous passons à la pose des voix. Au fur et à mesure, nous faisons intervenir chaque musicien qui n’a pas joué lors de la composition. Ainsi, le bassiste peut intervenir après le guitariste soliste, etc. ». Sur son premier album, elle travaillait exclusivement avec Frankie Moulet, guitariste qui s’est occupé des arrangements et des compositions. Se sont ajoutés un bassiste, Willy Bourdon, d’autres guitaristes comme Press Mayindou ou Freddy Massaki ou encore un jeune chanteur qu’elle a formé, Elbruno, qui l’accompagnent sur scène.

« O’kerah ou O’kierah, en mboshi, qui est la langue de mes parents, parlée au nord du Congo, représente le pouvoir sacré et mystique qu’on attribue aux jumeaux dans la culture congolaise en général, qui sont appelés « A’kieras« . Il se trouve que je suis la cadette des jumeaux qui, malheureusement, ne sont plus de ce monde. Ils sont décédés très tôt et leur décès m’a beaucoup marquée. C’est pour cette raison que j’ai voulu leur rendre hommage dans cet album. On dit souvent que les morts ne sont jamais morts. C’est pour moi une manière de leur dire que je ne les ai pas oublié avec les mots et la musique de mes ancêtres, même si j’ai ajouté une petite touche particulière. » Premier album qu’elle supervise entièrement de A à Z, depuis la composition jusqu’aux arrangements en passant par la production, Shéryl Gambo est donc fière de nous présenter ce nouvel album disponible sur les plateformes de téléchargement légal comme Itunes, Amazon, Google Play Music, Napster, Deezer, Spotify etc. La chanteuse, qui dort avec un enregistreur au chevet de son lit en cas d’inspiration nocturne, a travaillé d’arrache-pied pour un excellent résultat !

shéryl gambo the lookmag musique métisse congolaise

Shéryl Gambo par Sorom Color

« Je rêve d’une carrière à la Miriam Makéba, Cesaria Evora, Angélique Kidjo, des artistes qui n’appartiennent plus à un pays mais à une génération et qui portent un message d’espoir à travers l’Afrique et le monde. C’est d’ailleurs dans ce sens que j’ai dans O’kerah des chansons comme « N’abandonne pas » qui parle de l’espoir et « Je dis stop » qui parle de la préservation de l’environnement. » conclut-elle. Shéryl Gambo, qui a déjà travaillé avec Ben-J des Neg Marrons, Fredy Massamba et rencontré rien moins que Tiken Jah Fakoly lors de son passage au prix découverte RFI à Madagascar, Ismaël Lô, Papa Wemba ou encore Manu Dibango prévoit donc en ce moment sa tournée, dont on ne peut qu’éspérer qu’elle incluera quelques dates françaises !


Découvrez aussi d'autres articles Musique ou style Bimbo ou style Ethnique ou style Fetish ou style Hip-Hop ou style Lolita ou style Vegan

⬇️ Cliquez ci-dessous pour accéder au contenu de notre partenaire 😊 ⬇️

Auteur /


Léa BUTEL
Je suis un canard rédacteur au LookMag à la rubrique cuisine. Cependant, je suis ouvert du bec, j'aime le théâtre et les sciences occultes! Accessoirement je fais aussi de la musique avec mes palmes...

4 commentaires sur “Shéryl Gambo: nouvel album de la diva congolaise

  1. A-line dit:

    Oh mon dieu, je viens d’écouter une des ses chansons et franchement J’ADORE !!!!! Elle a une magnifique voix mais en plus ces chansons ont de vrais paroles O_o Merci Thelookmag pour cet article pour m’avoir fait découvrir cet artiste 😉

  2. Ben Reverchon dit:

    Sacrée artiste !
    J’ai passé ma soirée à l’écouter et à regarder ses clips après être tombé sur cet article. Une voix envoûtante. Des artistes comme on en voit de moins en moins. Merci à vous pour cette belle découverte. 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


PRESSE - PARTENARIATS - CONTACT - MENTIONS LÉGALES

THELOOKMAG - Le magazine culturel des styles fait avec amour à Paris ♡